La chinoise XUE BAI
vient de remporter le marathon des championnat du monde de Berlin
à 21 ans !
Cette jeune athlète,
née en 1988 quelques mois après notre championne Patricia
Laubertie, avait couru son premier marathon en 2003 à l'âge
de 15 ans (2 h 37'07 ). Sa progression s'est poursuivie avec 2 h
27'46 en 2007, puis 2 h 23'27 en 2008 et un titre de championne
du monde en 2009 en 2 h 25'15 par 25° à l'ombre.
Pour mémoire, l'âge moyen des françaises engagées
à Berlin était de 36 ans avec une meilleure performance
moyenne de 2 h 38'. Difficile alors d'éviter la dernière
place par équipe.
En attendant, les commentateurs de la TV française se rassurent
en parlant de combativité, de courage (et c'est vrai) de
nos athlètes français. Combien de fois notre speaker
amiral Nelson a-t-il prononcé " c'est pas grave, ça
ira mieux la prochaine fois " ?
En revanche, la question qu'il aurait du poser à la Secrétaire
d'Etat Rama Yade présente à Berlin était de
savoir si l'organisation de notre sport en France (et du sport plus
généralement) était bien en adéquation
avec les résultats attendus ou espérés par
l'opinion publique et les dirigeants politiques toujours dans le
coup pour fêter les médailles.
Dès le collège, les fondamentaux
(natation, gym, athlé) ont laissé place aux arts du
cirque et à l'Ultimate (C'est un raccourci mais pourtant
vrai).
Et pourtant, pour avoir des résultats il conviendrait en
premier lieu de mettre les moyens dès le plus jeune âge.
Depuis 1910, en Jamaïque, le système scolaire encourage
la pratique de l'athlétisme qui est enseigné chaque
après-midi dans les écoles. Et en avril, les gamins
de l'île s'affrontent pendant quatre jours dans le stade de
Kingston.
Et puis nous venons d'apprendre que les budgets Jeunesse et Sport
seront dès la rentrée en diminution. Alors que dans
le même temps, il y a encore des athlètes qui ne peuvent
se libérer de leur emploi, même quelques jours, pour
effectuer les stages de l'équipe de France, tout simplement
parce que il leur faut bien payer leur loyer et se nourrir.
La FFA fait bien son possible pour avoir une équipe conquérante
en 2012, mais sans sa base, une pyramide ne peut que s'effondrer.
Alors plutôt que de déclasser une cadette qui participe
par pur plaisir à deux courses de demi-fond au championnat
de France, il faudrait peut-être encourager nos jeunes à
courir.
N'est-ce
pas Xue BAI ?
C'est fait ! Après
un peu plus de six mois d'activité, Corrèze Athlé
a déjà démontré toute son utilité.
Et pourtant que le chemin fut long pour arriver à une première
entente de quatre clubs corréziens. Il y a plus de 10 ans,
quelques dirigeants, dont notre coach, avaient déjà
senti venir un premier coup de blizzard avec d'une part la baisse
générale du niveau athlétique et d'autre part
les premières fusions de clubs.
Si tout est plus compliqué à quatre - et il faut beaucoup
de bonne volonté à nos cadres pour harmoniser nos
multiples activités - qu'aurions nous fait chacun dans notre
coin lors des derniers interclubs ? Comme le CAB et les SAM qui
se sont battus pour une troisième place à 20.000 points
? Sûrement mieux pour l'UAC de son coté et pour une
entente Elan-ACJC de l'autre. Mais il aurait fallu se résoudre
à participer au deuxième tour régional sur
la vielle piste de Beaublanc avec un programme réduit
.
Peu motivant tout ça.
Mais c'est fait, Corrèze Athlé sera bien en Nationale
2 comme nous l'avions tant espéré en début
de saison.
Alors, que nos élans profitent à fond du déplacement
à Tarbes où il retrouveront des courses de bon niveau
avec des adversaires inhabituels. Qu'il en tirent une plus grande
motivation à l'entraînement et surtout un enrichissement
personnel au fil des échanges avec leurs coéquipiers
des autres sections locales.
Et maintenant, continuons à regarder vers l'avenir et laissons
la porte ouverte aux autres clubs corréziens. Et surtout,
sachons garder nos spécificités qui participent tant
à l'enrichissement de Corrèze Athlé.
A l'heure
où la fédération française de randonnée
pédestre a pris ses quartiers d'automne à Bugeat pour
y tenir son assemblée générale, les exploitants
forestiers arpentent encore et encore les chemins de randonnée
du parc régional de Millevaches. Pendant que les uns balisent
méticuleusement les sentiers avec de fins et discrets petits
traits de peinture rouges et blancs, les autres s'en donnent à
coeur joie avec leurs tracteurs et camions aux roues géantes.
Bien sur, le bois est une richesse pour l'économie locale et
la "mondialisation" demande de réduire les coûts
pour rester compétitifs. C'est évidemment la raison
de cette mécanisation aveugle mise entre les mains d'ouvriers
aux ordres de spéculateurs qui eux s'envoleront pour un trekking
en Himalaya loin du plancher des (mille) vaches. Alors que faire ?
Comme l'ami Sylvain, le bien nommé, l'a relevé dans
le magasine du Conseil Général de la Corrèze,
"lutter contre les nuisances, embellir le cadre de vie, la
Corrèze dispose d'une nature omniprésente et très
préservée. C'est une richesse inestimable; nous devons
veiller à ce qu'elle ne se dégrade pas, du fait de nos
comportements, de pollutions ..." Beau programme. Malheureusement,
lors du dernier trail du Longéroux, les coureurs ont pu gambader
de sentiers impraticables en coupes rases ! Mais nos hommes politiques
vont réagir, c'est sur .... enfin, touchons du bois !
Printemps
2007:
Une
espèce en voie de disparition.
Pour le grand public,
trois clubs du Limousin s'illustrent en " nationale ".
Heureusement ( ?) les compte-rendus de la presse régionale
ne font pas état du faible niveau de nos athlètes.
Mais les interclubs du 6 mai à Ussel ont pourtant mis en
évidence la faible densité des équipes et en
particulier celle d'un demi fond squelettique. Ainsi seulement 22
filles et 56 garçons ont été classés
sur l'ensemble des courses du 800 m au 5000 m. Et si des performances
de bon niveau avaient été réalisées
par ces athlètes, le constat serait moins terrible. Mais
aucune fille n'a réussi un chrono de niveau R1 et seuls 3
garçons y sont parvenus ! Clubs de niveau national sans athlètes
de niveau national : logique athlétique !
Et cette faillite s'est répétée à l'occasion
des championnats de la Corrèze à Brive le 26 mai.
Pourtant, une seule distance de demi-fond, le 1500 m, était
programmée ce jour là. Un 1500 m féminin annulé
faute de participantes et 9 masculins esseulés sur la ligne
de départ d'un stade désert, seulement égayé
par l'écho des bandas du stade de rugby. A l'arrivée,
une perf R1, une perf R2, une perf R3 et une perf D1 ! Pas un seul
briviste classé alors que sept ussellois avaient fait le
déplacement en basse corrèze. Bravo quand même
à ces courageux pistards d'une espèce en voie d'extinction.
Mais quel terrible constat.
Bien sur les plus optimistes feront remarquer que les Saint Juniauds
n'étaient pas à Ussel le 6 mai. Bien sur, il y avait
un monde fou au 10 km de Brive le 25 mai en soirée. Bien
sur le nombre de licencié de la Ligue est en constante augmentation.
Bien sur la section route du CAB a qualifié ses trois équipes
masculines au championnat de France de cross cet hiver. Bien sur
Il n'empêche, le demi-fond corrézien est bien
en train de s'éteindre à petit feu. Alors que la moyenne
d'âge des pelotons ne cesse d'augmenter, l'investissement
des plus jeunes à l'entraînement est en chute libre
avec seulement deux séances par semaine pour certains des
meilleurs espoirs de la discipline. Comment progresser avec si peu
?
Alors, comment encourager nos derniers demi-fondeurs de talent à
poursuivre leur carrière sur la piste ? Ne vont-ils pas céder,
les uns après les autres, aux chants des sirènes venus
des kermesses du hors stade ?
Quelle solution pour sauver cette espèce en voie de disparition
?
Briser la logique de l'athlétisme polyvalent et pédagogique
qui retarde au maximum la spécialisation ? Enseigner l'éducation
athlétique dans les collèges (rôle de l'EPS)
? Actuellement l'entraîneur de club y perd son temps et son
énergie. Et surtout c'est dommage pour les jeunes qui ont
faim de demi-fond et qui ne peuvent pas s'investir parce que l'athlétisme
" doit " être pluridisciplinaire. Est-ce pour cela
que les jeunes qui sont des mordus de demi-fond abandonnent ? Actuellement,
on court plus dans certains sports collectifs que dans les écoles
d'athlé où l'on se contente de " gigotage, de
bricolage et de gri-gri " comme l'a si bien dit Philippe DUPONT,
ancien entraîneur national de la FFA.
Le coureur de demi-fond, une espèce en voie de disparition
? Non bien sur
grâce aux naturalisations en masse de
coureurs africains, l'équipe de France a de beaux jours devant
elle. Mais l'équipe de la Corrèze ?
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